NÄSSJÖ PARLOUR (1920-1930 ?)   NÄSSJÖ PARLOUR (1920-1930 ?)
   
Cette petite parlour (ill. 1-4) porte à l’intérieur l’inscription, gravée au fer rouge : « Musikinstrument Fabrik Nåssjo » (ill. 5). C’est la même inscription qu’on lit dans un exemplaire en voie de restauration dans la collection d’Asgaut Steinnes (ill. 6), qui tient l’intéressant site NorskeGitarer consacré, comme son nom l’indique, aux instruments « nordiques ».
  This parlour guitar (pict. 1-4) has inside the inscription, engraved with a red iron : « Musikinstrument Fabrik Nåssjo » (pict. 5). It is the same inscription that we read in a copy currently undergoing restoration in Asgaut Steinnes’ collection (pict. 6), who holds the very interesting site NorskeGitarer.
     

Illustration 1.
Picture 1.

 
Illustration 2.
Picture 2.


Illustration 3.
Picture 3.

 
Illustration 4.
Picture 4.


Illustration 5. – L’inscription dans ma Nässjö.
Picture 5. – The inscription in my Nässjö.

 
Illustration 6. – L’inscription dans l’exemplaire d’Asgaut Steinnes (par courtoisie).
Picture 6 – The inscription in Asgaut Steinnes’ copy.


Illustration 7. – La Nässjö d’Asgaut Steinnes en voie de restauration.
Picture 7. – Asgaut Steinnes’ copy undergoing restoration.

Nässjö est le nom d’une ville située dans le sud de la Suède entre Göteborg (à environ 190 km) et Stockholm (320 km).  A. Steinnes, que je remercie pour l’envoi des photos de sa guitare (ill. 6-7), me communique aussi le chapitre d’un livre (en suédois) qui éclaire les débuts de l’histoire de la firme ayant produit ces instruments : Arwid Wallerström, Le commerce et l’industrie de Nässjö en mots et en images (Nässjö handel och industri i ord och bild), 1916, p. 159-161 (le même auteur avait publié dans son journal Nässjö Nyheter (Nässjö News), en 1914, une première présentation de l’entreprise). On y apprend que la manufacture fut fondée le 1er mai 1916 par Alfred Andersson et C. W. Johansson, auparavant fabricants d’instruments de musiques à Tranås, à une cinquantaine de kilomètres de Nässjö (ill. 8).   Nässjö is the name of a Swedish town located between Göteborg (about 190 km) and Stockholm (320 km). A. Steinnes, to whom I am grateful for sending me the photos of his Nässjö guitar (pict. 6-7), also communicates an article (in Swedish) that documents the beginning history of the factory producing those instruments : Arwid Wallerström, Nassjö Trade and Industry in Words and Images (Nässjö handel och industri i ord och bild), 1916, p. 159-161 (the same author had published in his newspaper Nässjö Nyheter, in 1914, a first presentation of the enterprise). We read that the factory was founded in Nässjö by the manufacturers Alfred Anderssson and C. W Johansson who previously performed musical instruments in Tranäs, about five hundred kilom. from Nässjö (picture 8).
     

Illustration 8. – Alfred Andersson (d’après l’ouvrage d’A. Wallerström).
Picture 8. Alfred Andersson (from A. Wallerström’s book).

La fabrique, que l’on voit ici (ill. 9), comprend aux deuxième et troisième étages une salle des machines, une salle de peinture, les bureaux, etc. On voit également la « salle de montage », avec les tables d’harmonie pendues en ligne (ill. 10), et la « salle d’achèvement », où s’appliquaient probablement le vernis et peut-être l’enduit destiné à donner aux éclisses et au dos l’aspect du palissandre (ill. 11).

The factory, that we see here (pict. 9), involved on the second and third floors a room of the machines, a room for painting, the offices, etc. We also discover the « room for mounting » guitars, with the soundboards hanging in line (pict. 10), and the « room of completion » (pict. 11) where could probably be applied the varnish and perhaps the coating supposed to give to the sides and the back the appearance of rosewood (see below).

   

Illustration 9. – La fabrique d’instruments Nässjö vers 1916 (d’après l’ouvrage d’A. Wallerström).
Picture 9. – The Nässjö factory circa 1916 (from A. Wallerström’s book).


Illustration 10. – La salle d’assemblage
des instruments (d’après l’ouvrage d’A. Wallerström).
Picture 10. – The « room for mounting guitars » (from A. Wallerström’s book).

Illustration 11. – La salle d’achèvement (d’après l’ouvrage d’A. Wallerström).
Picture 11. – The « room of completion » (from A. Wallerström’s book).
On compte dans la première salle une douzaine de personnes et un plus petit nombre dans la seconde, ce qui permet de se faire une idée du nombre d’employés – « environ une vingtaine », selon Wallerström – qui travaillent à la manufacture en 1916, ces derniers se trouvant sous la direction du maître d’œuvre Hjalmar Johnsson (ill. 12). Une photo du personnel montre en effet 21 personnes, parmi lesquelles plusieurs femmes, un enfant ou très jeune homme… et une personne tenant ce qui semble être une mandoline (ill. 13).

We can count in the first room a dozen of persons and a small number in the second, which gives an idea of the number of employees – « around twenty » - working at the factory in 1916, the latters being under the direction of the supervisor Hjalmar Johnsson (ill. 12). A photo of the staff shows indeed 21 persons, among whom several women, one child or very young man… and a guy holding what seems to be a mandoline (pict. 13).

   

Illustration. 12. – Hjalmar Johnsson (d’après l’ouvrage d’A. Wallerström).
Picture 12. – Hjalmar Johnsson, supervisor of the Nässjö staff (from A. Wallerström’s book).


Illustration 13. – Photo de groupe des employés.
Picture 13. – Group photo of the employees.(from Wallerström’s book).

On dit que la firme Nässjö avait essayé de concurrencer la fameuse compagnie suédoise Levin, fondée par Herman Carlson Levin – la Levin Company – qui produisit, entre 1900 et 1978, au-delà d’un demi-million d’instruments (guitares, mandolines, banjos, etc.). Christian Séguret a entrepris de raconter de façon très savante l’histoire de celle-ci dans le magazine français Vintage Guitare (# 25 et 26, oct.-déc. 2016 et janv.-mars 2017). Le site suédois Vintage Guitars offre des « Levin Information Pages » qui permettent notamment d’identifier les instruments produits depuis le début du 19e siècle par numéro de modèle et nom.

La Nässjö parlour qu’on présente ici porte sur la tête, comme il était d’usage, un numéro : «47538 » (ill. 14). On a parfois dit que la compagnie imitait la numérotation en usage chez Levin. La référence à celle-ci dans le cas d’une Nässjö est douteuse, mais on peut néanmoins en faire l’essai. Le site Vintage Guitars fournit une liste des modèles de série où la numérotation, de 1900 aux environs de 1970, s’étendrait de 1 à 6 chiffres. « 47538 » prendrait place dans la série « 45997-48663 », qui désigne des guitares de 1920. L’indication est à prendre à titre d’hypothèse, d’autant plus que, dans le cas de l’instrument détenu par A. Steinnes, le chiffre (ill. 9) renverrait selon la numérotation de Levin à une guitare de 1905, ce qui est contredit par l’information d’une production de Nässjö à partie de 1916. On laisse à d’autres le soin de démêler cette question des dates.

  The chronicle also states that « the instruments are sold not only in Sweden but also to a large extent in Norway ». With a « preliminary capital of 30 000 Swedish kronas » and a turnover that amounts twice as much, the factory may confidently consider to « amplify the movement », despite the war. A. Steinnes adds : « I have not been able to find out how many years the factory existed ».

It has been written that this factory tried to compete with the famous Swedish company founded by Herman Carlson Levin – the Levin Company – that produced over half a million of instruments (guitars, mandolines, banjoes, etc.) between 1900 and 1978. Chr. Séguret has undertaken to write in a very learned way its story in the French magazine Vintage Guitare (# 25 and 26, oct.-dec. 2016 et jan.-march 2017). The Swedish site Vintage Guitars includes some « Levin Informations Pages » allowing notably to identify the instruments produced since the beginning of the 19th century by model number/name ».

The Nässjö parlour that we show here has on the head, as it is usual, a number that may be read « 47538 » (pict. 14). It has been said that the company imitated the Levin way of numbering. To refer to this numbering with a Nässjö is questionable, but we may try it. The site Vintage Guitars provides a list of the « Levin serial numbers » where the numbering, from 1900 to around 1970, would extend from 1 to 6 digits. « 47538 » takes place in the series « 45997-48663 », which refers to guitars of 1920. The indication must be taken as a pure speculation, especially because, in the case of the instrument held by A. Steinnes, the figures (pict. 15) would refer, according to the Levin numbering, to a guitar of 1905, something that is contradicted by the information concerning the beginning of the production in 1916. Other specialists could perhaps enlighten this matter of date.

     

Illustration 14. – Numéro de ma Nässjö.
Picture 14. – Number of my Nässjö.


Illustration 15. – Numéro de la Nässjö appartenant à A. Steinnes.
Picture 15. – Number of A. Steinnes’ Nässjö.

Chr. Séguret écrit dans un des articles cités plus haut, à propos des modèles le plus anciens des Levin, auxquels peuvent être comparées les Nässjö qu’on connaît (# 25, p. 31) : « Les guitares sont généralement de la taille de petites Parlours, d’une largeur d’une douzaine de pouces, construites avec un barrage en échelle. Ces guitares étaient assez proches les unes des autres en terme de conception et de construction, mais elles avaient en commun de présenter un profil esthétique d’une rigueur luthérienne, sobre et spartiate, quelques frivolités d’ornementation venant apporter une touche de légèreté à un paysage par ailleurs uniformément brun et gai comme un hiver sur les plaines du Jütland (chères au voisin Kierkegaard…) ».

Une « douzaine d’inchs » correspond à environ 30 cm. Celle qu’on montre ici a 30 cm. De largeur sur la partie du dessous et 22 sur l’autre partie. Le manche, de 12 cases, est long de 42 cm. Séguret écrit que l’on privilégiait chez Levin « les essences locales » de sorte qu’on trouve « sans surprise de l’épicéa et du bouleau parmi les bois constituant les guitares de l’époque, cette dernière essence étant particulièrement établie dans les forêts septentrionales du Norrland » (# 25, p. 33). « Les modèles de 1 à 7 sont donc construits avec des caisses en bouleau, même si celui-ci est parfois teinté pour simuler du palissandre ». Il en fournit un exemple – « une Model 5 datée de 1914 » – qui permet d’apprécier à quel point la Nässjö ressemble à une Levin (ill. 16-17).

Chr. Séguret writes in one of the articles quoted above, concerning the most ancient models of Levin, to which could be compared the Nässjö that are known (# 25, p. 31) : « Those guitars have generally the small size of small Parlours, with a width of a dozen of inches, constructed with bars in ladder. They were rather close to each others in terms of conception and construction, but they have in common that they show an aesthetic profile of Lutherian rigor, plain and Spartan, with some ornamental frivolities giving a touch of lightness to a landscape moreover uniformly brown and cheerful like a winter over the plains of Jütland (dear to the neighbour Kierkegaard… »

The guitar shown here has indeed a « dozen of inches » of width on the lower part and 22 on the higher. The fretboard, of 12, is 42 cm. long. Séguret writes that Levin favoured « the local essences » so that we can find « without any surprise spruce and birch among the woods employed in the guitars of this time, the last essence being particularly esablished in the Northern forests of Norrland, even if this wood is sometimes tinged in order to simulate rosewood ». He provides an example – « a Model 5 of 1914 » – that allows to appreciate to which extent the Nässjö looks like a Levin (pict. 16-17).

   

Illustration 16. Levin modèle 5 de 1914, en bouleau « imitation » de palissandre (d’après Chr. Séguret, # 25, p. 31).
Picture 16. – Levin, Model 5 of 1914, in birch « imitation » of rosewood (from Chr. Séguret, # 25, p. 31).


Illustration 17. – Nässjö. On remarquera l’analogie du cercle entourant la rosace, dans la Levin.
Picture 17. – Nässjö. See the analogy of the circle around the sounddhole.

La guitare a été achetée à Jonas Østrup (Denmark), qui veut bien me tenir au courant de ses acquisitions, par les services du site internet Reverb, bien connu. Le micrp – un Fender Telecaster – a été placé par Jerôme Nahon.

Un échantillon pris de bon matin sur 'Little Red Rooster', avec chant du coq 'too lazy to crow 'fore day'.

My guitar has been bought to Jonas Østrup (Denmark), who cordially informs me of his acquisitions, through the well-known Reverb internet site. The pickup – a Fender Telecaster one –  has been mounted by Jerôme Nahon.

An early morning sample on 'Little Red Rooster', with the singing rooster 'too lazy to crow 'fore day'.
     
 


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